Crus du Beaujolais : Côte de Brouilly

Le Côte-de-Brouilly est un vin rouge d’appellation d’origine contrôlée (AOC), reconnu depuis 1938, et issu du cœur du vignoble du Beaujolais, dans le département du Rhône. Il s’étend sur les pentes escarpées du mont Brouilly, un ancien volcan culminant à 484 mètres et surmonté par la chapelle Notre-Dame aux Raisins, symbole spirituel du cru.

Un terroir d’origine volcanique

L’originalité du Côte-de-Brouilly tient à son sous-sol volcanique, unique dans le Beaujolais. Deux types de roches dominent :

  • La diorite bleue (ou « roche bleue de Brouilly ») : roche magmatique très dure et pauvre, qui donne des sols maigres, caillouteux et argileux, propices à une vigne de qualité.
  • Le granite : présent sur les flancs nord-ouest et ouest, il s’altère en arènes sableuses riches en silice, conférant aux vins leur minéralité et leur finesse.

Ce terroir complexe forge des vins de caractère, structurés et élégants, parmi les plus fins du Beaujolais.

Un vignoble escarpé et confidentiel

L’appellation couvre 320 hectares, répartis sur les communes de Cercié, Quincié-en-Beaujolais, Odenas et Saint-Lager. En 2010, la production s’élevait à 15 455 hectolitres. La viticulture y est rigoureuse : 6 000 pieds minimum par hectare, pour un rendement plafonné entre 58 et 63 hl/ha.

La culture du gamay noir à jus blanc, seul cépage autorisé, y atteint un haut niveau d’expressivité. Sur ce terroir particulier, le gamay donne des vins à la robe soutenue, aux arômes de fruits noirs, de violette, de pierre chaude, parfois même des notes fumées.

Une histoire ancienne et sacrée

Les premières vignes ont été plantées sur les flancs du mont Brouilly dès le IVe siècle. Le nom apparaît dès 1179, quand les Sires de Beaujeu cèdent des vignes « au clos de Brouilly » à l’abbaye de Belleville. Au XIXe siècle, face aux maladies de la vigne, les viticulteurs édifient la chapelle du mont Brouilly pour demander la protection divine — ce qui vaudra à la Vierge le surnom de Notre-Dame aux Raisins.

Une singularité dans les crus du Beaujolais

À l’image de son voisin Brouilly, dont il partage le nom mais non le terroir, le Côte-de-Brouilly produit des vins structurés, frais et précis. Plus tendu et minéral que Brouilly, il offre une interprétation plus ciselée du gamay, avec un bon potentiel de garde. Jeune, il charme par sa vivacité et ses fruits croquants ; après quelques années, il développe des notes de réglisse, de graphite ou de prune confite.