Crus du Beaujolais : Le Moulin à Vent

Le Moulin-à-Vent est l’un des dix crus prestigieux du vignoble du Beaujolais, et certainement l’un des plus réputés pour son potentiel de garde. Il est produit à cheval sur les départements du Rhône et de Saône-et-Loire, sur les meilleurs coteaux des communes de Romanèche-Thorins et de Chénas. Cette appellation d’origine contrôlée (AOC) existe depuis 1936, et tire son nom du célèbre moulin à vent qui surplombe les vignes, devenu emblème du cru.

Un terroir sculpté par le granite

Le Moulin-à-Vent repose sur un sous-sol unique, composé exclusivement de granite rose appelé localement granite de Fleurie. Ce granite, riche en manganèse et traversé de filons de quartz, confère au vin sa structure, sa puissance et son aptitude au vieillissement. Les coteaux orientés sud-est, baignés de soleil, s’étendent entre 250 et 400 mètres d’altitude, face à la vallée de la Saône.

Le sol, peu profond et couvert d’arènes granitiques, contraint les racines des vignes à plonger en profondeur, renforçant l’expression minérale des vins.

Une appellation d’exception

Avec 665 hectares plantés et une production de 30 145 hectolitres en 2010, le Moulin-à-Vent se distingue par une viticulture exigeante : densité minimale de 6 000 pieds par hectare, rendements limités entre 58 et 63 hl/ha, et une sélection rigoureuse des meilleures parcelles.

Parmi les dix-huit climats les plus renommés, on retrouve : Rochegrès, Champ de Cour, Les Vérillats, La Rochelle, ou encore Le Carquelin. Chacun d’eux donne naissance à des cuvées de caractère, reflétant avec précision les nuances du terroir.

Le gamay à son sommet

Comme tous les crus du Beaujolais, le cépage roi est le gamay noir à jus blanc, qui atteint ici un niveau d’expression rare. Sur ces sols granitiques acides, le gamay produit des vins à la robe soutenue, aux arômes complexes mêlant fruits noirs, épices, parfois des notes florales ou minérales. Plus structuré et tannique que ses voisins, le Moulin-à-Vent peut se rapprocher, dans ses plus belles expressions, de certains bourgognes rouges.

Ce cru peut se boire jeune, pour son fruit et sa vivacité, mais il gagne en profondeur après quelques années de garde, développant des arômes tertiaires de sous-bois, de cuir ou de truffe.