Crus du Beaujolais : Saint-Amour

Le Saint-Amour est un vin rouge AOC produit à l’extrémité nord du vignoble du Beaujolais, sur la seule commune de Saint-Amour-Bellevue, dans le département de Saône-et-Loire. Il est le plus septentrional des dix crus du Beaujolais, et se distingue autant par la diversité de ses terroirs que par son nom évocateur, qui séduit les amateurs comme les curieux chaque 14 février

Une reconnaissance militante

L’AOC Saint-Amour a été reconnue le 8 février 1946, grâce à la persévérance d’un vigneron local, Louis Dailly, convaincu du potentiel qualitatif de ce terroir encore classé en Beaujolais-Villages en 1936. Avec l’aide de l’INAO, il obtient gain de cause dix ans plus tard.

Un terroir d’une grande richesse

La commune de Saint-Amour-Bellevue offre une variété remarquable de terroirs : 17 types de sols sont identifiés sur à peine 320 hectares (chiffres 2017), ce qui en fait l’un des crus les plus complexes du Beaujolais.

  • Sous-sol : principalement granitique, parfois enrichi de schistes et de grès triasiques.
  • Sols :
    • arènes granitiques (sables siliceux, pauvres, bien drainés) ;
    • sols argillo-siliceux issus de l’altération des schistes ;
    • sols sableux sur les grès (Mont de Bessay) ;
    • colluvions argilo-siliceuses sur les terrasses et pentes douces.

Cette diversité influence fortement le style des vins produits selon les parcelles, les expositions et les pratiques vigneronnes.

Le gamay, toujours roi

Le cépage principal reste le gamay noir à jus blanc, à hauteur de 85 % minimum par parcelle. Trois autres cépages blancs peuvent être présents à hauteur de 15 % maximum : chardonnay, aligoté et melon.

  • Le gamay s’exprime ici sur des sols acides et granitiques, parfaits pour révéler son potentiel fruité et floral.
  • Il donne des vins à la robe pourpre aux reflets violets, avec des arômes de fruits rouges et noirs, souvent très gourmands, parfois plus complexes avec l’âge ou selon les vinifications.

Des profils variés

Le Saint-Amour se décline en deux styles principaux :

  1. Fruité, souple et charmeur, vinifié pour être bu jeune, avec des notes de cerise, de pivoine ou de framboise.
  2. Plus structuré, charnu et apte à la garde, issu de vinifications longues ou de terroirs plus complexes (granit, schiste), avec parfois des arômes d’épices, de kirsch, voire de cuir.

Quelques chiffres

  • Superficie : 320 hectares (2017)
  • Production : 14 855 hectolitres (2010)
  • Densité minimale : 6 000 pieds/ha
  • Rendement maximal autorisé : 58 à 63 hl/ha