Partie I : Histoire de la région du Beaujolais
Chapitre 1 : Aux origines du Beaujolais
Le Beaujolais est une région historique située entre le nord de Lyon et le sud de Mâcon, autour de Villefranche-sur-Saône. Son nom dérive de la petite ville de Beaujeu, qui fut le centre du pouvoir féodal local. Le territoire possède une histoire riche et ancienne, qui remonte à la Préhistoire, comme l’évoque Claudius Savoye dans son ouvrage de 1898 sur le Beaujolais préhistorique.
Chapitre 2 : La seigneurie de Beaujeu
Au IXe siècle, Guillaume Ier de Forez, comte du Lyonnais et du Forez, possède la baronnie de Beaujeu. Son fils Bérard devient le premier à porter le titre de « sire de Beaujeu ». La dynastie fondée par Bérard s’éteint en 1265 avec Guichard V. Son héritière Isabeau épouse Renaud, comte du Forez. Leur descendance intègre également la maison de Bourbon vers 1400, notamment par l’entremise de Louis II de Bourbon. Le Beaujolais devient alors une possession importante, notamment sous Pierre II de Bourbon et son épouse Anne de France, surnommée « la Dame de Beaujeu ».
Chapitre 3 : Intégration à la couronne et la maison d’Orléans
Confisqué au connétable de Bourbon en 1522, le Beaujolais est offert à Louise de Savoie, mère de François Ier. Il est réuni à la couronne en 1531, puis restitué à Louis III de Montpensier. En 1626, Marie de Montpensier le porte en dot à Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII. Leur fille, la Grande Mademoiselle, légua le Beaujolais à Philippe d’Orléans, ce qui assura la continuité dans cette maison jusqu’à Louis Charles d’Orléans, mort à Malte en 1808.
Chapitre 4 : Villages et traditions
La région regroupe plusieurs villages emblématiques : Saint-Amour, Brouilly, Chénas, Fleurie, etc. Leur histoire est intimement liée au développement de la viticulture et à une culture locale forte. Le Beaujolais s’est émancipé de la Bourgogne dès le XIVe siècle, trouvant sa propre identité dans ses terroirs, ses fêtes locales (comme les Sarmentelles à Beaujeu), et son savoir-faire viticole.
Partie II : Le vin du Beaujolais
Chapitre 5 : Des Romains aux moines
Le vignoble du Beaujolais a ses racines dans l’Antiquité. Dès le IIe siècle, les Romains cultivent la vigne à Brulliacus (Côte de Brouilly) et Morgon. Après la chute de l’Empire, les moines perpétuent la tradition viticole dès le VIIe siècle. À cette époque, la région appartient encore au Duché de Bourgogne.
Chapitre 6 : Le Gamay et son exil
En 1395, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, interdit le Gamay en Bourgogne. Ce cépage trouve alors refuge dans le Beaujolais, dont les sols granitiques lui conviennent parfaitement. Cette décision, paradoxalement, jette les bases de la spécificité viticole de la région.
Chapitre 7 : Terroirs et appellations
Le vignoble du Beaujolais s’étend sur 22 000 hectares, entre collines granitiques au nord et terres argileuses au sud. On y distingue 12 appellations : Beaujolais, Beaujolais Villages, et les 10 crus (Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin-à-Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Brouilly, Côte de Brouilly).
Chapitre 8 : Beaujolais Nouveau : un phénomène mondial
Depuis 1951, le Beaujolais Nouveau incarne l’image jeune et fruitée du vin. Mis en vente dès la mi-novembre, il connaît un succès international, porté par une vinification rapide et l’utilisation du Gamay.
Chapitre 9 : Une viticulture moderne sur des fondations anciennes
Le Beaujolais, aujourd’hui, conjugue respect des traditions et innovations écologiques, notamment dans le Beaujolais Vert. Le rôle des vignerons, la mise en valeur des terroirs et les évolutions climatiques sont autant de facteurs qui redéfinissent le futur de cette région emblématique.
